mardi 12 janvier 2010

Ophélie.

Dévorée par sa robe de chambre
elle avance,
un pied dans le lit
le regard dur de l'amant
sur elle, violence ténue sous
les draps

prête à se noyer
dans le mythe

du

Mariage.

lundi 11 janvier 2010

De ces choses qui arrivent dans ma cuisine, parfois.

Je ne sais pas faire la différence entre un fragment de lumière par terre et un pop-corn.

Voilà.

C'est dit.

samedi 9 janvier 2010

Au garçon assis sur le banc, là-bas.

Il aime un garçon
qui a le sang malade.

Quand il se branle
il pleure toujours un peu, après.

Sa mère sait vraiment comment
agençer un sac à main à une paire de chaussures.

Mais tout ça
personne ne le sauras jamais.

jeudi 7 janvier 2010

Dream, dream, dream.

Hollywood dévores
les jeunes filles
morceau par morceau.

Elle ne laisse
que les

sourires.

samedi 2 janvier 2010

La fin du monde.

Il y a quelques temps, j'ai fais le rêve de la fin du monde mais ça n'avait rien à voir avec la fin du monde naturelle que nous attendons, ça n'avait rien à voir avec une catastrophe biologique, rien à voir avec la terre qui se fends en deux comme un fruit trop mûr puis tombe en morceaux.


...


Des bruits de pulvérisations.
Sentir que ça approche, que ça approche
vraiment, la fin, la fin de tout,
la fin de moi.

Je cherche ma maman, je cherche le désir de la serrer très fort
contre moi, je cherche l'absolution, le pardon,
je cherche la main de celui qui pourrait être
mon petit ami, mon petit ami comme dans les films,
quand ils disent "mon petit ami" et que ça creuse
une fissure minuscule
dans ton coeur, puis
les larmes sur
l'oreiller.


...


Dans le ciel il y a d'énormes soucoupes volantes.
Ça pourrait être jolie, ça pourrait me faire penser
à un de ces vieux films de science-fiction rétro mais
ce n'est pas le cas.


...


Nous sommes dans une vieille remise
dans une ville qui n'est pas la mienne.
Je tiens la main de ma mère très fort
dans la mienne, je crois que mon père est
juste à côté, je crois, il me semble, oui,
il me semble qu'il est là, avec son amour et ce nez
qui ressemble au miens, un peu,
un tout petit peu.


...


Les bruits de destructions massives se rapprochent,
je ferme les yeux, j'essaie de ne pas y penser,
je me dis qu'après tout seras fini
puis j'ouvre les yeux.
5h30.


...


Il y a ma main sur la poitrine d'un homme,
Mes yeux sur sa moustache, sa moustache qui me fait penser
à de petites épines noires plantées dans la peau
de sa lèvre supérieure.
Sa main qui glisse sur mon soutient-gorge
à paillettes.

Je me demande ce que je fais là.

La peur de quelque chose de plus grand que nous,
c'est ce qui fait
que nous en soyons là,
j'imagine.


...


Dans ma tête
il y a l'image de ses corps sans noms
qui se jettent en bas du world trade center.
Des petites cravates noires qui tombent
et virevoltent dans le vide.
Ce jour là, quand ils se sont levés,
à quoi ece qu'ils pensaient?
Ece que quelqu'un a déposé un baiser sur leur
joue?


...


Je veux toucher à quelque chose de sacré
mais je n'y arrive pas.
J'écris comme une auteure de mauvais romans
pour ados.
Mes mots sentent le parfum cheap.
Je ne suis pas Virginia Woolf.
Pas aujourd'hui du moins.

L'insoutenable légèreté de l'être.

Apparement je suis à la fois érudite culinaire bien culturée ET valley girl au language aussi léger qu'une brise de printemps sur rodeo drive.

De ces hommes qui passent devant mon comptoir.

Remarques à moi-même, à propos de ces hommes
qui passent devant mon comptoir, à chaque jour,
comme une bobine d'images, de représentations du masculin.

Papa,
époux,
amants,
fiançé,
frère,
ami.


...


Un homme au visage pinçé se présente à mon comptoir
et me murmure un "sulut" presque inaudible.
Les marques sur ses mains, son être en retrait
derrière le filet de sa voix.
Je ne me souviens pas de ce qu'il avait acheté.


...


Un homme dans la cinquantaine avec une casquette
portant l'inscription "trucker by day, trucker by night".
Je me demande s'il vas souvent dans ces casses-croutes
miteux sur le bord des autoroutes.
Ece qu'il a déjà été un petit garçon au crâne rasé,
ece qu'il a déjà eu des cicatrices
sur ses genoux?
Ece qu'il a déjà fait pleurer une fille,
une fille comme moi, peut-être, une fille qui l'aimait trop?


...


En fait, ce qui m'intéresse le plus, ce n'est pas leur vie,
mais plutôt ce que je peut écrire à propos de leur vie.
Comment je peut l'écrire.