Pendant que je regarde dehors par la grande baie vitrée j'imagine des formes marines inquiétantes danser dans le ciel et se mêler à la pluie.
Les gouttes de pluie qui tombent du ciel comme des jeunes filles fardées de tristesse ressemblent à de longs bijoux liquides qui éclatent en silence sur le sol de ciment du stationnement.
Je dessine à grands coups de crayon de cire l'image gloussante et pétillante
d'une fille à queue de cheval par dessus ma propre image.
mercredi 30 septembre 2009
Papillon.
Aujourd'hui au travail un client m'a fait un clin d'oeil.
Ce clin d'oeil est pour moi comme une validation, la preuve de mon existence en tant que femme dans le regard des hommes.
C'est comme si je n'étais plus qu'une jolie fille figée derrière un comptoir, en observation dans l'espace banal d'un magasin, le corps tenu absent, à l'abri sous un tablier de coton vert, et que c'était déjà assez, presque trop.
Dernièrement c'est comme si je n'existais que dans l'écrin vénéneux de la séduction et pas ailleurs.
J'attends qu'on m'attrape et me fixe, qu'on m'étudie minutieusement comme un papillon exotique.
Je pousse un dernier soupir, alors qu'on me transperce d'une fine aiguille, heureuse de n'exister maintenant que dans le regard empli de désir d'un chasseur.
Ce clin d'oeil est pour moi comme une validation, la preuve de mon existence en tant que femme dans le regard des hommes.
C'est comme si je n'étais plus qu'une jolie fille figée derrière un comptoir, en observation dans l'espace banal d'un magasin, le corps tenu absent, à l'abri sous un tablier de coton vert, et que c'était déjà assez, presque trop.
Dernièrement c'est comme si je n'existais que dans l'écrin vénéneux de la séduction et pas ailleurs.
J'attends qu'on m'attrape et me fixe, qu'on m'étudie minutieusement comme un papillon exotique.
Je pousse un dernier soupir, alors qu'on me transperce d'une fine aiguille, heureuse de n'exister maintenant que dans le regard empli de désir d'un chasseur.
Être en dehors.
Alors qu'il ferme les yeux très fort et que de petits grognements sortent de sa bouche je sais qu'il est dans cet espace intime duquel je ne fais pas partie.
C'est à moi qu'il fait l'amour, c'est ma chair à moi qu'il labourre en laissant sa sueur musquée suintée et me lècher, mais je ne suis pas là.
C'est à moi qu'il fait l'amour, c'est ma chair à moi qu'il labourre en laissant sa sueur musquée suintée et me lècher, mais je ne suis pas là.
mardi 29 septembre 2009
Le monde des garçons.
Le monde des garçons est un monde difficile et aride, un monde d'égratignures sur les genoux, de couteaux dans les airs.
Des oiseaux dans les cheveux.
Devant les curés je me sens toujours un peu indécente, comme une rougeur dans le visage lisse d'un mannequin, une trace de boue sur l'habit du dimanche d'un bambin aux yeux sauvages.
lundi 28 septembre 2009
Étude de moeurs.
Superposée à mon image de fille ordinaire derrière l'espace gris de son comptoir il y a l'image d'une actrice porno, blonde et vénéneuse.
Ce n'est pas le fait que cette femme soit une star du porno qui importe mais l'essence de féminin qu'elle représente.
Ce n'est pas le fait que cette femme soit une star du porno qui importe mais l'essence de féminin qu'elle représente.
Cher journal.
Un homme adorable s'est présenté au magasin aujourd'hui.
Il a acheté un test de grossesse.
Ça a laissé en moi comme une brûlure de cigarette, une petite blessure recouverte
de sel et de sable.
Il a acheté un test de grossesse.
Ça a laissé en moi comme une brûlure de cigarette, une petite blessure recouverte
de sel et de sable.
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